Sexualite1 Pierre-Laurent Hahn/Madame Figaro

Véronique Olmi : “Moi, j’ai ressenti une sorte d’évidence à raconter cette résurrection d’une femme par le désir.”

Madame Figaro

Au bonheur des dames

Les femmes n’hésitent plus à dire “je” pour parler de leur sexualité. Mais avec quels mots ? Réponses avec le Dr Sylvain Mimoun, auteur d’une surprenante enquête (1) auprès de 1 500 femmes, et Véronique Olmi, qui publie un roman sensuel (2) dont les héros ne sont pas formatés sur les canons actuels de la beauté.

Paru le 13.11.2008, par Dalila Kerchouche

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Madame Figaro. – Dans vos deux ouvrages, des femmes parlent de sexe sans tabou. Le désir féminin n’a-t-il plus peur des mots ?
Dr Sylvain Mimoun. C’est la grande révélation de l’enquête Ipsos réalisée pour mon livre : les femmes ne craignent plus d’évoquer leur désir. Et avec des mots éloquents! Elles décrivent « une envie à en avoir mal au ventre », « une onde de chaleur », « des décharges électriques qui traversent le corps »… C’est un signe important : elles ont compris qu’aimer ne suffit pas pour éprouver du désir et elles sont en train d’accepter leur corps autant que leurs sentiments dans leur vie sexuelle.

Véronique Olmi. Écrire sur ce thème est infiniment plus facile qu’il y a vingt ans. Je me rappelle la chanson que fredonnait mon grand-père : « Une femme honnête n’a pas de plaisir »… Moi, j’ai ressenti une sorte d’évidence à raconter cette résurrection d’une femme par le désir. En revanche, j’ai été surprise par l’accueil réservé à mon roman. Les critiques, souvent des hommes, ont massacré le livre, parce que les corps de mes personnages – elle est très maigre, et lui boite – ne collent pas aux canons de beauté actuels.

Vous bousculez ces diktats érotiques que dénonce le Dr Mimoun…
V. O. J’en ai l’impression. Pourtant, les grandes amoureuses, comme Édith Piaf ou Françoise Sagan, n’étaient pas des top-modèles. Dans mon roman, j’ai voulu montrer que le désir n’est ni dans la beauté plastique ni dans la mécanique.