Francis Amiand
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Dans l’Est parisien ouvrent trois lieux de vie dont la dimension sociale prend à rebours l’establishment. Pas pour se donner bonne conscience, mais parce que « c’est le style de demain », estime Philippe Starck. L’hôtel Mama Shelter, dont il est le directeur artistique, mais aussi la future « voie publique » du 104 et la néoguinguette Rosa Bonheur vont surprendre, et sans doute faire des émules.
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« Décloisonner. » « Exploser les dress codes. » « Se sentir libre. » Ils emploient les mêmes mots pour traduire leur ras-le-bol des segmentations, selon eux sclérosantes et dépassées, qui régissent notre société en général et la sphère des loisirs en particulier. De cet étouffement manifeste, mais aussi de leurs visions éclairées et d’un certain optimisme est née la ferme intention de changer la donne. Et de réussir, y compris économiquement.
À quelques encablures les uns des autres, Cyril Aouizerate, Philippe Starck et Serge Trigano (Mama Shelter), Michelle Cassaro et Christophe Vix-Gras (Rosa Bonheur), Robert Cantarella et Frédéric Fisbach (Le 104) promettent du lien social. Du vrai. Pas de ce vernis que l’on appose pour rafler des subventions, ni de ce miel bien pensant qui écœure parce qu’il fraie trop souvent avec la pitié.
L’autre, pour eux, ce n’est pas seulement celui qui vient d’un autre pays, d’une autre culture. C’est aussi cette voisine sexagénaire à qui l’on dit bonjour sans la regarder, ou cette jeune mère célibataire qui n’ose pas sortir seule boire un verre parce qu’elle craint de dénoter. Dans ces lieux novateurs, nous dit-on, ces questions catégorielles seront obsolètes. Et pour que cela soit réaliste, on y trouvera ce qui se fait de plus pointu et de plus éclectique, à des prix et dans un environnement très accessibles. Chiche !









